Savez-vous ce que le terme «huiles essentielles chémotypées » signifie ? Désigne-t-il un produit de qualité supérieure ? Est-ce l’équivalent du sigle H.E.B.B.D. (Huile Essentielle Botaniquement et Biochimiquement Définie) ? Les huiles essentielles chémotypées sont-elles meilleures pour se soigner et pour fabriquer des cosmétiques maison ? Néroliane répond à vos questions, car elles ont leur importance en aromathérapie pratique comme en aromathérapie cosmétique.

Le chémotype d’une huile essentielle précise que la composition biochimique du produit considéré, extrait d’une plante donnée, présente une différence marquée avec la composition de l’huile essentielle d’une plante appartenant au même Genre et à la même espèce botanique.

Même avec cette définition très précise, les huiles essentielles chémotypées restent toujours mystérieuses. Prenons des exemples concrets.

Thymus vulgaris, végétal dont la distillation permet d’obtenir de l’huile essentielle de thym, présente des chémotypes très distincts. C'est ainsi qu'on obtient de l'huile essentielle de thym à thymol (riche en phénols) et de l'huile essentielle de thym à linalol (riche en alcools). La manière dont on va pouvoir utiliser ces deux huiles essentielles va être radicalement différente. En effet, le chémotype « phénol » du thym exige des précautions d’emploi assez strictes alors que son chémotype « alcool » est très souple d’emploi.

Vous l’avez compris : le mot « chémotype » appartient au vocabulaire des scientifiques qui analysent les huiles essentielles et classent les molécules aromatiques que ces huiles contiennent. Une huile essentielle est dite « chémotypée » quand elle contient des principes aromatiques en quantité remarquable ou des principes aromatiques qu’on ne trouve pas dans l’essence de la même plante cultivée ailleurs. Sur le plan botanique, il s’agit pourtant bien à chaque fois du même végétal. Mais son origine (terre, hydrométrie, ensoleillement, etc.) influence très fortement les molécules que la plante synthétise. Et influence par conséquent la structure biochimique de son huile essentielle.

Autre exemple : un botaniste appellera un romarin de Tunisie et un romarin corse du même nom, Rosmarinus officinalis. Les plantes ont exactement la même morphologie. Seule l’approche olfactive révèle une différence : le parfum naturel de ces 2 huiles essentielles est dissemblable. Et l'analyse biochimique par chromatographie confirme des différences moléculaires notables. L'huile essentielle de romarin de Tunisie est très riche en 1,8.cinéole. Il va être surtout actif sur la sphère ORL, à la fois anti-viral et mucolytique. L'huile essentielle de romarin d’origine corse, lui, est riche en verbénone : son tropisme sera orienté vers le drainage du foie et de la vésicule biliaire. Tous 2 sont tonifiants sur le plan digestif. C’est le point commun de tous les romarins.

En bref, ainsi que nous l’avons dit, la composition d’une huile essentielle obtenue par hydro-distillation d’un végétal donné dépend de la terre d’origine de cette plante. Le terme « Huiles essentielles chémotypées » parle donc bien d’huiles essentielles botaniquement et biochimiquement définies. C’est une équivalence dans le principe.

Les recherches scientifiques dont nous disposons aujourd’hui ne concernent que certaines plantes (thyms, romarins, eucalyptus, myrte). Il y a fort à parier que beaucoup plantes présentent aussi des variations chémotypiques. Leur étude pourrait, dans un avenir proche, changer la face de l’aromathérapie. Les praticiens de santé aromathérapeutes, médecins et pharmaciens, cibleraient encore davantage les produits à prescrire et à conseiller. Les choix thérapeutiques gagneraient encore en précision pour obtenir un résultat plus rapide et optimal.

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